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 Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]

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Azzan at-Aswala

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MessageSujet: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Mar 15 Aoû - 11:14

La traversée fut longue pour lui. D’un naturel très calme, il s’était isolé lors du voyage de retour, car il sentait qu’il aurait du mal à maintenir les apparences. Seul, dans sa cabine, il regardait par l’immense vitre qui donnait sur l’océan. Il lui tardait de retrouver la douceur de son île. Au moins le climat réussirait il à adoucir son humeur. Du moins c’est ce qu’il espérait. Venu pour conclure un accord en personne, il avait justement misé sur le fait qu’il se déplace, lui qui recevait généralement en son palais. Signe d’une grande considération, et un effort qui ne pouvait échapper à ceux qui connaissaient les at-Aswala et leur manière de faire affaire. Cependant ces négociations devaient durer plusieurs jours. Et suite à l’incident avec la princesse, de nouveaux paramètres étaient entrés en jeu, et il ne pouvait se focaliser entièrement sur ce qui se passait. Mais un at-Aswala ne laissait jamais un imprévu ruiner ses plans. Il proposa élégamment à son futur partenaire de venir passer une semaine sur l’Île aux Saphirs, au sein même du palais, afin qu’il puisse profiter de tout ce que ce petit paradis avait à offrir, et y conclure définitivement ce contrat. Par la même, il montra qu’il n’était pas “pressé” de terminer cet échange. C’était juste ce qu’il fallait pour attiser l’intérêt de son partenaire, et favoriser une plus grande ouverture d’esprit. Au moins, cette partie du voyage, la plus importante, se termina bien. Mais en ce qui concerne Kiara… Sa soeur. Sa satané soeur…

Ramenée à bord par Ramsa, un mercenaire providentiel qui visiblement savait être efficace et répondre à des besoins non exigés, elle était inconsciente. Ce qui n’était pas plus mal, car sur le moment, il n’était pas sûr qu’il aurait pu rester maître de lui s’il s’était retrouvé seul avec elle aussi vite. Cette idiote avait mis en danger sa propre vie, et l’image des at-Aswala. Heureusement que le mercenaire avait été là. Bien que la fortune avait toujours sourit à cette dynastie millénaire, il n’était pas de ceux qui s’en remette à quelque chose qu’il ne peut contrôler, ou anticiper. Ce nouveau venu était désormais le seul témoin de ce qui s’est passé. La solution à chaud et sans réflexion ? Le faire tuer. Mais à y regarder plus loin, cela aurait été d’une stupidité sans nom. L’efficacité, la loyauté non sollicitée et la prise d’initiative dans l’unique intérêt de son “employeur”, étaient des qualités non négligeable, et qu’il comptait bien mettre à son propre profit. Là encore, ce nouvel apport allégeait le constat de cette virée.
Depuis son retour à bord, Kiara avait été enfermée dans “sa” cabine. Cabine fastueuse mais désormais geôle. Cette fameuse cabine qui aurait pu lui servir de chambre lors de l’aller. Elle aurait pu faire ce rendez-vous entre son frère et un autre commerçant de renom quelque chose de plus agréable, de plus officiel. Il lui aurait suffit de demander, et elle aurait eu tout ce qu’il fallait pour se balader en sécurité dans les ruelles. Mais non, il avait fallu qu’elle fasse de tout ça une terrible farce, une comédie qui aurait pu virer au drame. Une déception de plus.
L’enfermer durant la traversée était un moindre mal. La seule personne autorisée à lui rendre visite pour le moment, était un serviteur qui avait pour ordre de ne pas ouvrir la bouche. Uniquement de lui apporter à manger et de changer l’eau du bain. La chose qui lui a été expliqué, est qu’elle était à bord du bateau, et que le prince avait ordonné qu’elle soit enfermée dans sa cabine jusqu’à leur arrivé au port de Nil Arasin.

Une fois le bâtiment maritime des at-Aswala à quai, il rejoignit au plus vite le palais, après avoir dit au mercenaire et son ami qu’il les attendait en début de soirée pour qu’ils reçoivent un acte de propriété, afin qu’ils puissent s’installer dans la cité. Il remit également à Ramsa une bourse, qui jugeait légitime pour le service rendu, et pour qu’il puisse “profiter de ce que cette belle cité à à offrir”. Cela fait, il donna ordre que sa soeur soit directement escortée jusqu’à sa chambre, sans faire le moindre détour, et qu’importe ses protestations.

De retour dans la salle du trône sans avoir pu profiter du calme de ses appartements, il s'enquera auprès du chambellan de ce qui s’est passé en son absence. Aucun rendz-vous n’avait été programmé de toute manière, et rien de prévu. Seuls quelques affaires qui demandaient le regard du prince, mais rien d’urgent. Parfait, car il avait un problème plus personnel à régler. Il en soupira d’avance.

“Qasim. Va convoquer ma soeur. Qu’elle me rejoigne ici. Et dans les plus brefs délais.”

Le serviteur s’inclina, avant de disparaître. Azzan était plus calme, mais semblait fatigué. Et un peu las. Jusque là, sa soeur n’avait rien fait trop grave, et il avait récupéré ses écarts sans trop de soucis. Mais là, elle avait dépassé une limite. Elle ne se rendait pas compte de tout ce qu’elle avait mis en péril. Notamment sa propre vie. C’était une at-Aswala, mais son discernement et sa maturité manquaient clairement à l’appel. Depuis qu’il était au pouvoir, il l’avait protégé, et lui avait laissé plus ou moins faire tout ce qu’elle voulait. Mais il avait surement fait erreur. Jouant le rôle de père, auquel il n’était clairement pas prêt, il s’était embourbé dans une situation auquel il n’était pas préparé. Etait-il trop tard pour sévir ? Le passé de Kiara n’avait pas adouci cette dernière, et il le savait. Cela lui avait souvent servi d’excuse pour lui-même, pour laisser passer bien des choses. Mais visiblement, ce choix l’avait mis en danger. Et bien soit. Il fallait que les choses changent.
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Kiara at-Aswala

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MessageSujet: Re: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Mar 22 Aoû - 21:01

Son âme avait erré dans le néant un petit moment. Enfin la lumière fut, et força la rescapée à ouvrir péniblement ses yeux améthyste. Kiara pausa un moment sur ce cellier qu’elle ne reconnaissait pas. Ou était-elle et pourquoi s’être réveillé entravée par un lourd sentiment de culpabilité ? Tandis que le navire titubait comme un ivrogne, elle se laissa porter de souvenirs en souvenirs sans pour autant comprendre sa situation. Elle se revoyait, las du même quotidien mondain, s’aventurer sans autorisation dans le voyage de son frère..Le marché du duché de Kahoran refaisait surface dans son esprit et avec lui, ses spectacles, ses odeurs, ses rires et cette ambiance festive qui l’avait tant ému.. Ces lieux prolétariens puisaient leur beauté dans la sincérité bienveillantes de ses habitants, et aveuglée par les charmes de sa petite expédition, elle en avait oublié ses dangers. La princesse At-Aswala avait manqué de peu de finir enlevée et le prix de sa liberté l’aurai couverte de honte elle et sa famille. Elle, qui venait de percuter son impuissance de pleins fouet, était d’autant plus perturbée par ce vide qui concluait sa mésaventure. Comment avait-elle été sauvé et par qui ? Peut être même qu’elle dormait là depuis plusieurs jours sans se douter qu’une rançon avait déjà été payé ? Enfermée dans sa cabine, il ne lui restait plus qu’à détricoter les dernières images de son kidnapping. Hantée par ces dernières, Kiara ressasse encore et encore sans jamais parvenir à mettre du sens sur son sauvetage. Son périple sur le chemin du retour se passa ainsi, seule dans l’incompréhension et l’angoisse.
La jeune noble n’était pas à sa première bêtise et connaissait suffisamment son frère pour deviner son comportement. Ainsi, malgré sa méconnaissance oppressante des événements, elle ne s’attarda pas à interroger le serviteur chargé de s’occuper d’elle. Elle voyait bien que derrière son silence glaciale, se cachait le mépris fraternel du prince. Oui, elle allait rester isolée un petit moment encore, mais qu’importe, Kiara ne se sentait pas d’humeur à faire la conversation..Seule sa futur discussion avec le chef de famille la tourmenterait.  

Une fois accosté à Nil Arasin, la Rose des At-Aswala attendit discrètement qu’on l’escorte à sa chambre. Elle n’avait pas eu à patienter bien longtemps ce qui en disait long sur l’exaspération du souverain. Entourée par une cascade de drapés, le confort de son lit à baldaquin peinait à calmer son cœur. Elle tourne, se retourne et s’agite encore.. dans sa tête tout se bouscule ; Quelles explications donner à son frère quand on agit uniquement sous l’emprise d’une pulsion hasardeuse ? Ses seules justifications étaient d’ordre intime et cela faisait bien des années qu’elle n’avait pas dévoiler une information personnelle... Lui qui avait dédié à vie à l’épanouissement de l’entreprise familiale ignorait probablement tout du plaisir d’être désinvolte. Oublier son nom, ses fonctions, ne plus être un simple maillon de la chaîne familiale mais un individu libéré de sa réputation...au moins pour un temps, tel était l’impossible désir de cette héritière encore immature.
Elle avait la démence de vouloir vivre pleinement le moment présent et se savait bien trop irresponsable pour son statut. Oui, elle comprenait ses fautes, ce qui ne l’empêchait pas de se soumettre à ses tentations les plus risquées par ennuie.

Plus de temps de se trouver d’excuses, voila Qasim à sa porte.
Kiara le suivit sans dire un mot. Continuant dans sa lancée, elle laissa son serviteur disparaître derrière elle tandis qu’elle traversa la salle du trône. La petite sœur savait qu’elle s’avançait sur un terrain miné et que son destin se jouait avec ce dialogue. Jamais elle n’avait fait d’excuses sérieuses pour ses précédentes bêtises et à force d’entretenir son image de menteuse mal lunée, il était clair que son frère la prenait pour une gamine inconsciente. Il n’avait pas tort en soi, mais il était désormais impératif de lui prouver le contraire. Elle s’approcha du prince la tête haute, et dans un respect presque trop rigide elle brisa le silence déjà installé ;

« Azzan... je suis désolée » lança-t-elle doucement, la voix encore un peu déchirée par la fatigue et l'émotion de son incident

C’était la première fois qu’elle prononçait ces mots, et ils n’avaient rien d’une formule magique qui la sortirai de ce mauvais pas. Non, clairement, Azzan en avait gros sur le cœur et elle avait déjà anticipée une déferlante de reproches à son égard. Ainsi, avant de montrer qu’elle avait comprit ses erreurs, elle baissa la tête pour mieux le laisser exprimer ses sentiments. La voila, visiblement prête à faire des concessions..mais était-ce réellement le cas ? Admettre ses torts était une chose, mais c’était ses petits coups de folie qui stimulait le plus sa vie et inconsciemment elle savait très bien que Kiara At-Aswala ne pouvait rester sage bien longtemps.
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Azzan at-Aswala

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MessageSujet: Re: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Ven 25 Aoû - 17:38

Le prince attendait stoïque, le visage appuyé sur son poing. Il semblait calme, mais son visage épuré de tout sourire était généralement mauvais signe, car même dans l’intimité, il arborait au moins un fin sourire. Là, ce n’était pas le cas.
Azzan suivait l’avancée de sa soeur dans la salle. Il ne la quittait pas des yeux, essayant de deviner par avance quelle attitude elle allait présenter pour se sortir de ce mauvais pas. Elle avait beau être inconsciente et immature, elle n’était idiote, bien au contraire. Il n’avait aucun doute quant au fait que Kiara savait qu’elle avait dépassé certaines limites, et que cette fois, elle allait devoir faire attention. Mais il la savait aussi doté d’un extraordinaire talent pour dédaigner la gravité d’une situation, et trouver un moyen pour s’enfoncer encore plus. En règle général, il prenait les choses par dessus la jambe, s’amusant presque de certaines explications loufoques pour justifier une de ses bêtises, mais là, ce n’était plus le cas. Il fallait qu’elle comprenne, et qu’elle prenne ses responsabilités.

Il la laissa s’avancer et s’excuser, avant de baisser les yeux. Sa soeur avait donc optée pour la contrition. Azzan en haussa un sourcil, simplement pour marquer sa surprise… mais aussi son scepticisme. Il ne semblait qu’à moitié réceptif à ses excuses pour le moins inattendues venant de sa part, mais il savait qu’elle en était capable, uniquement pour se sortir de ce mauvais pas. Au moins, il n’aurait pas à mettre fin à la discussion de manière précoce pour ne pas écouter des hurlements ou un enchaînements de mensonges farfelues. Mais bien qu’il ne le montrait pas, il entrevoyait une certaine sincérité derrière. Si c’était le cas, cela était la marque d’un éclat de sagesse, dont il avait tant espéré voir l’apparition un jour. Au moins, elle se montrait digne, et faisait montrait le visage d’une personne désolé, celui qu’il fallait arborer dans de telles circonstances. Un début.

Un silence s’installa quelques secondes suite à la déclaration de la princesse. Le prince l’observait, et avait tout son temps.Puis, sans un regard envers quiconque, ses yeux toujours rivés sur sa soeur, il brisa le silence.

-Merci Qasim. Tu peux t’en aller. D’ailleurs sortez tous.

D’un signe ample envers les soldats présents, il les fit sortir de la salle du trône, ne laissant désormais que les deux at-Aswala dans cette immense et faste pièce. Un soupire suivit le dernier bruit de pas des hommes qui s’en allaient. Lui même ne savait encore ce qu’il allait faire d’elle. Elle n’apprenait pas de ses erreurs, et n’avait jamais donné le moindre signe de rédemption, ou d’envie de changer, de s’améliorer. Mais c’était sa soeur, il ne pouvait pas encore se résoudre à employer des moyens drastiques. Il doutait même que cela fonctionne avec elle. Elle résonnait différemment, et n’avait pas la même vision que lui. Là où lui aspirait à faire prospérer leur dynastie, elle ne s’employait qu’à faire ce qui lui passait par la tête méprisant ce que lui mettait temps de temps à construire.

-Si seulement j’étais aussi naïf qu’avant, si seulement je pouvais encore espérer un changement à la suite de tes erreurs. Mais ça déjà bien longtemps que ce n’est plus le cas. Mais tu as dépassé les limites.

Il se leva, se dressant de toute sa hauteur en face d’elle, et il lui releva le menton avec deux doigts, afin qu’elle le regarde. Prince, il l’était. Mais cette fois, ils étaient tous les deux. Là, c’était le frère qui allait parler.

-Quel était l’intérêt de cette bévue cette fois ? Tu étais sur les traces d’un serviteur qui t’a volé un peigne, et tu pouvais rien me dire car le serviteur se serait douté de quelque chose ? Si tu tenais tant à venir avec moi, il te suffisait de me demander. Cela aurait été avec plaisir que je t’aurai emmené, quitte à prolonger notre séjour pour que tu puisses visiter la cité. Non, il a fallut que tu y ailles, habillée comme une princesse, sans garde, et dans les endroits les plus mal surveillés. Je ne te gâte pas assez ? Je ne fais pas assez attention à toi ? Cela te tient tant à coeur de cracher sur ce je m’emploie à créer pour nous, notre famille, et nos descendants ? Me respectes tu si peu ?

Les deux dernières phrases voyaient son ton monter crescendo. Les sourcils froncés, plus aucun doute sur le fait que sa patience commençait à atteindre ses limites.

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Kiara at-Aswala

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MessageSujet: Re: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Mar 29 Aoû - 9:29

Son frère haussa un sourcil et la détailla du regard un instant.
« Désolée »..ce simple mot lui arrachait tout amour propre, et voila qu’il était accueillit avec scepticisme. Cette méfiance était certes le prix à payer pour toute ces années d’idioties, mais elle restait difficile à accepter.  
Azzan était resté silencieux mais ce non-dit parlait à sa place. Cela faisait un moment déjà que les responsabilités l’avaient éloigné de sa sœur..mais cette dernière n’avait pas encore réalisé quel fossé idéologique les séparait.

« Merci Qasim. Tu peux t’en aller. D’ailleurs sortez tous. »

Évidemment...il ne comprendrai pas anticipa-t-elle tandis que le prince faisait sortir tout les serviteurs d’un simple geste. Lorsqu’enfin, la salle du trône s’était épurée de tout étrangers  au drame familial, Azzan lança :  « Si seulement j’étais aussi naïf qu’avant, si seulement je pouvais encore espérer un changement à la suite de tes erreurs. Mais ça déjà bien longtemps que ce n’est plus le cas. Mais tu as dépassé les limites.  »
 
Une simple confirmation de ses peurs lui noua la gorge, et sans dire mot Kiara regarda le prince se lever. Son corps élancé lui fit immédiatement de l’ombre et le voir utiliser sa carrure non plus pour charmer mais pour intimider, l’étonnât. Ou était passé le grand frère protecteur au doux sourire de son enfance...qu’avait-t-elle fait de lui pour qu’il finisse avec l’iris dorée assombri par l’amertume. Sans rechignement, elle se laissa attrapé par le menton et écouta ses plaintes comme elle l’eut prévu

«  Quel était l’intérêt de cette bévue cette fois ? Tu étais sur les traces d’un serviteur qui t’a volé un peigne, et tu pouvais rien me dire car le serviteur se serait douté de quelque chose ? Si tu tenais tant à venir avec moi, il te suffisait de me demander. Cela aurait été avec plaisir que je t’aurai emmené, quitte à prolonger notre séjour pour que tu puisses visiter la cité. Non, il a fallut que tu y ailles, habillée comme une princesse, sans garde, et dans les endroits les plus mal surveillés. Je ne te gâte pas assez ? Je ne fais pas assez attention à toi ? Cela te tient tant à cœur de cracher sur ce je m’emploie à créer pour nous, notre famille, et nos descendants ? Me respectes tu si peu ? »

Jouer la carte des concessions était son approche depuis le début certes..mais l’entendre monter de la voix pour des inepties la sorti de ses gonds.
Comme si un séjour officiel en tant que princesse était ce qu’elle voulait..pire, croyez-t-il vraiment qu’elle se réjouirai de ce manque flagrant d’autonomie ? Kiara délaissa progressivement son attitude misérable pour le fixer, l’air sévère. C’est avec les lèvres serrés et l’audace dans les yeux, qu’elle écouta son aîné jusqu’à la fin.

Hors d’elle d’une part par l’incompréhension de ce frère trop rigide mais aussi par la part de vérité de son discours, elle abaissa soudainement ses doigts.

« AZZAN. » s’écria-t-elle sèchement dans l’unique but de stopper son élan.
Sans le lâcher ni de la main ni du regard, elle reprit plus calmement en articulant chaque mot :
« cesse donc ce ton paternaliste »

Elle prit une pause avant de continuer d’un ton sec:

Oui tu as toujours été le meilleur frère qu’on puisse espérer. Tu m’as gâtée et protégée et détrompe toi tu es bien le seul ici que je respecte...Ce n’est pas ta faute Azzan si j’ai finis ainsi, sache le. Quoiqu’il en soit, je ne suis pas là pour parler de mes raisons et cette atmosphère ne s’y prête pas de toute façon. » elle conclut « Je comprend que rester dans le flou n’apaise en rien ton cœur, mais soit. Oublie ce registre sentimentaliste grand frère on a mieux à discuter. »
 
Ceci étant clarifié, Kiara se permit d’assouplir son expression. Elle laissa filé la main de celui qui comptait lui faire la leçon et se mouva à coté de lui. Plus question d’être une fillette qui subit un sermon, non elle voulait une discussion d’adulte et surtout, elle voulait retrouver son lit au plus vite.

Elle se doutait bien que ses propos l’avait irrité et qu’il était prêt à rétorquer avec rage. Qu’importe, dans sa lancée elle en oubliait presque sa vie en jeu, et comme elle ne comptait dévoiler en rien sa sensibilité exacerbé, elle misa tout sur la logique.


_ « Écoute...je comprend que tu doutes ma sincérité. J’ai toujours mis un point d’honneur à montrer mon indifférence envers nos responsabilités..chaque bêtises..chaque réprimandes m’ont toujours visiblement amusé, tu le sais.
Je suis-..j’ai été un sale petit garnement je ne dirai pas le contraire..Et avec cette dernière ânerie que j’ai faite, tu es tout en droit de croire qu’il me manque une case. 
»

Elle souffla un coup en s’adossant contre le mur. Contemplant l’immensité de la pièce, elle visita à nouveau les derniers souvenirs de sa fugue et reprit parole

_ « J’ai vraiment été la plus grande des idiotes sur ce coup là. Non seulement j’ai faillis y passer, mais j’ai ternis le nom des at-Aswala en terre extérieure durant un contrat..
Avec le recul, j’ai encore du mal à réaliser ce qui s’est passé, en fait pour te dire la vérité je ne sais toujours pas comment j’ai pu m’en sortir..
 » puis dans un ton de confidence, elle ajouta en esquissant un petit sourire fatiguée «  ...Et pourtant je fouille ma mémoire depuis mon réveil »

- « Je me pensais vraiment invincible sur le coup, j’ai vraiment minimisé la popularité de notre nom. J’ai bêtement cru qu’une promenade rapide ne ferai aucun mal et pourtant regarde où ça m’a mené...tout droit dans les ennuies.  
Je me souviens encore penser que peut être je ne reverrai plus notre palais et que la dernière image que je laisserai à mon frère sera celle d’un fardeau. J’ai eu peur pour ma vie et pour celle que je nous aurai léguer si je finissais marchandée par ces bandits..Ce que je veux dire par la Azzan, c’est que si tu penses qu’avec tout ça je n’ai pas compris la leçon, alors tu n’as pas d’autre choix que de graver sur un maillet « la fugue c’est mal » et me cogner la cervelle avec jusqu’à ce que ça soit tatouer sur mon front
 »

La princesse, comme à son habitude, semblait déconnecté émotionnellement de la gravité du sujet. Cela faisait bien longtemps qu’elle refusait d’apparaître en victime devant autrui, mais malgré tout une once de peur s’était glissé dans sa voix. Depuis son retour sur l’île, elle n’avait de cesse de ressasser sa mésaventure, et en oubliait presque les joies de son excursion. Elle était donc réellement marquée, et savait que même sans promettre la docilité absolue, elle serai plus prudente à l’avenir.
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Azzan at-Aswala

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MessageSujet: Re: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Lun 4 Sep - 18:44

La patience. Voilà ce dont il faisait preuve alors que la princesse at-Aswala s’exprimait. Une tentative bienvenue de le raisonner, d’essayer de lui montrer qu’elle avait compris. Ou presque. Qu’elle avait été réellement marquée par cette dernière bévue, qui aurait pu se solder par une catastrophe autant politique que personnelle. L’intention en soi était la bonne, mais les propos étaient vides. Sans aucun intérêt.
Elle essayait de se distinguer, de se donner de la contenance en haussant la voix, en voulant donner le ton de la conversation. Et le moindre de ses propos était dénué d’importance. Elle ne faisait qu’énoncer des évidences, énoncer ce qu’il savait déjà depuis longtemps. Aucune surprise, rien qui apportait un semblant d’explications concrète quant à ses agissements, que cela soit pour l’épisode du marché de Kahoran, ou pour toutes bêtises précédentes. Ce qui pour Azzan était surement ce qui était le plus digne d’intérêt. Mais elle n’avait pas compris que cette conversation n’avait rien à voir avec celles qu’ils avaient pu avoir précédemment finalement. Elle voulait épurer de cet échange la seule chose qui aurait apaisé ce dernier, la seule chose qui aurait pu calmer le prince et par la même, ce qui allait tomber sur la rose des at-Aswala.

Il l’écoutait, calmement, sans le moindre sourire, le visage entièrement neutre, comme dénué de toute émotion. Elle avait fini par obtenir ce qu’elle voulait, il ne la traiterait pas comme quelqu’un sa famille. Il était prince, elle était princesse. Nul aménagement n’allait donc être fait. Elle voulait être traitée comme une adulte, responsable de ses agissements, dotée de toute la maturité que l’on peut espérer de par son statut.
“Cesse donc ce ton paternaliste”. C’était pourtant exactement le rôle qu’il jouait depuis des années. Il s’était occupé d’elle, avait veillé sur elle… mais surtout avait dû réparer ses conneries, et sauver la face. A quoi s’attendait-elle ? Il était vrai que le modèle paternel qu’elle avait eu jusque là avait été plus qu’imparfait, pour ne pas dire horrible. Lui avait eu le droit à une tout autre facette, non sans abhorrer l’être qu’il était. L’amour était ce qui avait détruit sa raison, et paradoxalement, était la raison qui l’avait empêché d’aimer ce qu’il aurait dû chérir plus que sa propre vie: sa vie. Azzan n’était pas son père, pas au sens littéral du terme. Mais avait toujours essayé de compenser cette perte, non, ce vide, qu’elle avait eu jusque là. Et les limites de cette relation avaient toujours été difficilement discernable. Quelque chose en lui lui disait qu’il fallait arrêter les frais. Que malgré son amour pour elle, il ne pouvait continuer de la traiter comme une enfant pourrie gâtée. Et Kiara était d’accord avec cela. Mais cela signifiait d’appliquer à elle aussi la même politique qu’il avait toujours prôné: le mérite. Et dans ce cas ci, sa soeur serait grandement lésée. Il ne la pensait pas capable de changer. Du moins, pas en bien. La vie avait commencé à la priver de joie, mais lui avait donné une certaine expérience de la vilenie qu’elle pouvait offrir. Puis vint le temps des cadeaux, du “réconfort” et du confort. Azzan en vint aux pires hypothèses. Et si c’était justement les problèmes qu’elle recherchait ? Peut-être n’arrivait-elle pas à se contenter de la tranquillité, du calme du palais. Les jeux politiques et commerciaux ne l’avaient jamais attirés. Ils étaient si différents… Mais cela n’excusait rien. Il continuait néanmoins d’espérer qu’elle finirait par changer. Il continuerait d’essayer de l’adapter à leur monde. Car le monde ne changera pas pour elle.

Azzan la laissa faire. Il suivit chacun de ses mouvements des yeux, ne se tournant que pour ne pas la quitter du regard, il ne bougeait néanmoins pas d’un pouce, se mouvant sur place. Il ne faisait que plonger son regard dans le sien dès que c’était possible. Il exigeait de ses esclaves qu’ils le regardent dans les yeux, car un regard peut difficilement mentir, et au mieux, se voiler, montrant clairement que l’on dissimule quelque chose. Mais elle gardait assez éloigné du sien. Comme si elle essayait de le diriger ailleurs, quelque part où le palais n’existait pas. Un peu perdu. Il fallait la faire revenir.

-Tu te décides enfin à réclamer que je te considère à la lumière de tes actes et non de notre lien familial ? Soit.

Aucune émotion, aucun sourire. Là où Azzan arborait perpétuellement son sourire d’apparat, il n’y avait qu’une mince fente presque régulière qui n’exprimait rien. Il la regardait, comme si elle était une personne comme les autres, comme s’il s’apprêtait à juger, faisant fi de tout autre lien que celui du prince envers quelqu’un qui a fauté et lui à causé du tort. Il s’approcha du trône, tournant le dos à Kiara, mais s’arrêta avant de l’atteindre, puis se tourna vers elle.

-Et bien Kiara, tu as une fois de plus fait une erreur. Erreur que tu dis comprendre, que tu dis regretter. Je sens que cela t’a un peu plus marqué que les fois précédentes, ce qui signifie que tu prends au moins conscience que le statut de princesse à lui seul ne peut pas te sauver de tout. Tu as eu peur pour ta vie, autant que moi. Ton frère a eu peur de perdre une des rares choses qui compte le plus pour lui. Et le prince, TON prince, a eu peur pour la princesse. Et c’est ce dernier qui doit désormais prendre des mesures.

Il finit par s’asseoir sur le trône. Par ce geste, il ne faisait qu’appuyer son propos. Son expression restait inchangée, mais au fond de lui, il trouvait une certaine tristesse à ce geste, et par extension, à ses propos. Kiara était une des deux seules personnes qu’il pouvait se permettre de voir et d’entretenir sous un jour personnel, loin de son statut de prince, et de ce que cela apportait comme considérations. Et là, il lui fallait ranger sa soeur dans la catégorie des relations à gérer du point de vu du prince.

-Tu dis avoir compris, et ne plus être… “un sale petit garnement”. Tu t’es excusée, tu fais face à tes responsabilités. C’est déjà un début. Tu ne me sers pas de mensonges. Mais c’est insuffisant. Tu ne daignes même pas vouloir t’expliquer sur les raisons, même pas vouloir me donner une raison de te comprendre. Alors je ferai avec ce que j’ai.


Un silence marqua la fin de sa phrase. Ce “vide” était éloquent: il allait juger.

-Je ferai fi de la mise en danger de ta personne, car elle t’appartient, et mes considérations personnelles sur le sujet épargneront ma décisions. Néanmoins, tu as mit en danger notre réputation, le nom millénaire des at-Aswala, et son empire. Tu as porté atteinte à mes projets. Et ce n’est pas la première fois que tu commets des erreurs. C’est un renouvellement constant que je ne peux justifier, comprendre, cautionner, et encore moins laisser impuni cette fois. Tu es la princesse de l’Île aux Saphirs. Ta sanction en prendra donc compte. Jusqu’à nouvel ordre, tu ne pourras sortir du palais. Jusqu’à nouvel ordre, je te coupe les vivres. Tu devras en référer auprès du chambellan pour toute dépense, et cela me sera ensuite retransmis.

Le prince avait rendu son jugement. Un jugement qu’il savait très doux au regard des conséquences et des risques pris. Mais qu’il savait aussi dur à supporter pour sa soeur. Au moins, il pourrait l’avoir à l’oeil quelque temps. Ne plus craindre pour sa vie. Mais il la connaissait. Kiara n’allait pas rester à rien faire. Elle trouverait cela “injuste”, ou essaierait de passer outre les sanctions. Leurs relations n’étaient déjà en rien idyllique. Mais il n’avait plus le choix. Elle voulait être prise une adulte, il la considérerait en adulte, même si son comportement montrait le contraire. Il se faisait doucement à l’idée qu’arriverait un jour où il devrait sacrifier le peu d’affection qu’elle devait avoir pour lui, au profit d’autre chose.

Un léger soupir se fit à peine entendre, et il ferma les yeux quelques secondes. Si seulement elle pouvait comprendre qu’il n’attendait qu’une chose d’elle. Qu’il espérait qu’une chose.
Il se releva, descendant lentement de sa position princière. Alors qu’il se dirigeait vers Kiara, il se dit qu’il n’aimerait pas uniquement qu’elle puisse comprendre. Mais qu’il aimerait également la comprendre. Qu’elle le laisse pouvoir juger de ce qu’était devenu la petite fille aux cheveux roses qu’il avait réconforté durant tant d’années.
Azzan s’arrêta à un mètre de sa soeur. Son visage s’adoucit un peu. Son devoir avait été accompli.

-Je n’ai pas la prétention d’avoir toujours fait ce qu’il fallait pour toi Kiara. J’ai joué un rôle qui ne m’était pas destiné. Je ne regrette pas ce que j’ai fait, mais je déplore les raisons qui m’y ont poussé. J’espère que tu feras les bons choix Kiara, et que pour une fois, tu accepteras ta sanction.

Juger et sanctionner était le lot de tout dirigeant. Ce n’était certes pas la plus gratifiante ou intéressante des tâches, mais elle permettait d’obtenir les résultats que l’on voulait, que cela soit vis à vis de la personne qui est en face de nous, ou des répercussions publiques qui suivront. Mais là, c’était la première fois qui avait dû la punir officiellement. Cela marquait une certaine distance entre Azzan et Kiara dans cette sanction. Ce n’était plus son frère qui la punissait. Il voulait lui montrer qu’il essayait de la prendre assez au sérieux pour cela, mais aussi que cela signifiait qu’elle devait entièrement désormais faire attention à ce qu’elle fait, car tout à des conséquences.

-Penses tu cette sanction injuste ? Te serais tu puni ainsi ?

Son ton était empreint d’un certain sérieux, mais pas d’une gravité qui laissait penser que c’était le prince qui parlait, du haut de son statut. Non, il demandait à Kiara son avis sur ce qu’elle pensait des conséquences de ses actes. Et pour cela, ses yeux ambrés ne firent que pointer en direction de ceux de la princesse. Peut-être serait il surpris par sa réponse.
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Kiara at-Aswala

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MessageSujet: Re: Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]   Dim 10 Sep - 14:08


Chez les at-Aswala, on aime lire les émotions sans être prêt à dévoiler les siens pour autant. La cadette ne faisait pas exception et avait bien mis un point d’honneur à ne laisser filtrer aucune informations intimes la concernant. Les yeux fatigué mais assombrit par son dessein, elle divagua entre souvenirs et raisons, dans l’unique but de recevoir sa sentence au plus vite. Dans ce contexte, il était difficile de ne pas reconnaître ses torts ni de sortir de la salle du trône sans leçon apprise. Kiara pensait donc utiliser la dureté de son expérience comme garant de son instruction.
Cette discussion pragmatique, elle la voulait avec le prince et non pas l’homme qui était derrière. Armée de sa méfiance, elle se flattait d’avoir insufflé une certaine distance entre elle et lui. La jeune femme au teint fiévreux s’attendait donc au même discours moralisateurs accompagné de sa même punition.


« Tu te décides enfin à réclamer que je te considère à la lumière de tes actes et non de notre lien familial ? Soit. » accorda le prince impassible, tout en s’approchant du trône. Puis avant de prendre place sur le siège du pouvoir, il continua dans le même ton :

« Et bien Kiara, tu as une fois de plus fait une erreur. Erreur que tu dis comprendre, que tu dis regretter. Je sens que cela t’a un peu plus marqué que les fois précédentes, ce qui signifie que tu prends au moins conscience que le statut de princesse à lui seul ne peut pas te sauver de tout. Tu as eu peur pour ta vie, autant que moi. Ton frère a eu peur de perdre une des rares choses qui compte le plus pour lui. Et le prince, TON prince, a eu peur pour la princesse. Et c’est ce dernier qui doit désormais prendre des mesures. »
 
A ces mots, les muscles de la noble se contractèrent progressivement, la laissant étrangement pétrifier par sa détermination. Ne rien laisser paraître, ne pas tomber dans son jeu et surtout ne pas ouvrir son cœur..tels étaient les trois commandements qu’elle se répétait en boucle. Elle savait Azzan suffisamment doué pour la faire fléchir dessus, seul lui le pouvait. Trop occupée à protéger ses intentions, elle laissa filer la petite note de tristesse pourtant cachée dans le discours du prince. Ainsi, la princesse rose, qui ressemblait plus à une statut au trait figée, serra des dents et plongea courageusement son regard dans l’iris soleil du dirigeant. Il reprit :

- « Tu dis avoir compris, et ne plus être… “un sale petit garnement”. Tu t’es excusée, tu fais face à tes responsabilités. C’est déjà un début. Tu ne me sers pas de mensonges. Mais c’est insuffisant. Tu ne daignes même pas vouloir t’expliquer sur les raisons, même pas vouloir me donner une raison de te comprendre. Alors je ferai avec ce que j’ai. »  Une pause se fit sentir. Parler de ses « raisons » la mettait d’autant plus sur la défensive et ce de manière quasi-automatique. Cependant, aucune réaction visible de sa part n’était notable. Il continua :

- « Je ferai fi de la mise en danger de ta personne, car elle t’appartient, et mes considérations personnelles sur le sujet épargneront ma décisions. Néanmoins, tu as mit en danger notre réputation, le nom millénaire des at-Aswala, et son empire. Tu as porté atteinte à mes projets. Et ce n’est pas la première fois que tu commets des erreurs. C’est un renouvellement constant que je ne peux justifier, comprendre, cautionner, et encore moins laisser impuni cette fois. Tu es la princesse de l’Île aux Saphirs. Ta sanction en prendra donc compte. Jusqu’à nouvel ordre, tu ne pourras sortir du palais. Jusqu’à nouvel ordre, je te coupe les vivres. Tu devras en référer auprès du chambellan pour toute dépense, et cela me sera ensuite retransmis. » 

Finalement sa peine était tombé et elle n’avait rien de terrible. Évidemment, le chef de famille savait qu’enfermer cet esprit libre l’irriterai au plus haut point. Mais au regard de la faute commise, elle avait déjà accepté cette éventualité. En fait, la prise de conscience des contraintes qui pesaient sur son désir de liberté l’avait suffisamment démoralisée pour qu’elle souhaite s’isoler un temps. De plus, son mode de vie mondain lui avait donné l’illusion paradoxale qu’elle saurai se débrouiller sans achats superflues. Après tout, elle avait déjà tout ce dont elle avait besoin, elle saurai donc s’adapter à une vie ascétique..non ? Elle restait sure d’elle : si son emprisonnement tardait, alors elle s’échapperait quoiqu’il arrive. Une sécurité renforcée n’était rien d’autre qu’un défis, stimulant au contraire ses plans d’évasions. Un petit sourire presque imperceptible ravivait son visage pourtant ternit par l’abattement. Elle avait eut la punition anticipée, entendu les reproches prévu et surtout, n’avait révélée que le stricte minimum à son sujet. Ne lui restait plus qu’a acquiescer et tourner les talons..Kiara savourait le mirage d’une victoire pendant que l’homme symbolisant l’Autorité de l’île se rapprochait d’elle. Progressivement, son expression glaciale s’estompa en un visage doux. A sa grande surprise, il revint sur un sujet des plus personnelle


«  Je n’ai pas la prétention d’avoir toujours fait ce qu’il fallait pour toi Kiara. J’ai joué un rôle qui ne m’était pas destiné. Je ne regrette pas ce que j’ai fait, mais je déplore les raisons qui m’y ont poussé. J’espère que tu feras les bons choix Kiara, et que pour une fois, tu accepteras ta sanction. »

Mais qu’est ce que…
Sa gorge se noua, si bien qu’elle eu l’impression que ses cordes vocales cherchaient à l’étouffer. Les sourcils froncés, elle continua d’observer le prince revenu un instant à la position de grand frère. La at-Aswala devina alors l’étendu du malentendu qui la séparait du dernier membre de sa famille. Il cherchait une explication de son comportement dans l’éducation qu’il lui avait donné..mais ce n’était en rien ce qui avait forgé son impertinence.
Quelque part, elle s’en voulait de déceler ces quelques nuances de culpabilité dans la voix du prince. Une discussion sur leur relation serait bien plus efficace que n’importe quel correction, elle le savait..mais n’y était définitivement pas prête. En fait, cette seule pensée suffit à la troubler l’espace de quelques secondes. Rapidement, elle se montra digne de son nom et dompta la peur, la tristesse et l’amour, qui commençaient à se manifester au sein de son regard. Comme une armure face à ce dernier moment de faiblesse, Kiara retrouva un comportement encore plus apathique qu’elle ne l’était habituellement. Et c’est à la manière d’un automate dénué de tout ressentit qu’elle répondit à la dernière question d’Azzan. Lorsque ce dernier lui demanda :
« Penses tu cette sanction injuste ? Te serais tu puni ainsi ?  » elle hésita un instant mais se lança finalement dans un discours brutalement honnête.

«  Injuste non. Je mérite d’être punis alors quoique tu proposes, injuste ne sera pas le mot. Cette sanction est juste...inepte. Enfermer une fugueuse, c’est juste mettre de l’huile sur le feu..c’est me laisser dans ma frustration avec tout le temps qu’il faut pour penser ma fuite.
Bien sûre, je compte faire des efforts pour me calmer, sinon tout ce que je t’ai assuré tout à l’heure ne serai que du vent...mais priver la rose des at-Aswala de son soleil trop longtemps te garantit de la croiser dans la nature dans un futur -je l’espère-  lointain.
 »  
Les mains derrière le dos, le menton levé en direction de son interlocuteur, Kiara n’était plus qu’un pantin qui avait su s’oublier soit même. Elle s’abandonna donc, exprimant tout ce qu’elle pensait sur le sujet sans l’espoir (ni même la volonté) de changer les choses.

«  Ne te méprend pas mon frère, d’un point de vue personnel ton châtiment me ravie.
Je n’ai ni l’envie ni la force de voir du monde à l’heure actuelle et je compte également utiliser ces heures d’isolement pour réfléchir à certaines choses. Ce n’est pas tant le fait que je sois habitué à la solitude ou à ce type de punition qui m’inspire ma critique, c’est juste que…

Faire du palais une prison, me couper les vivres, ça reste une belle démonstration de force. Mais même en ignorant tout de moi, tu dois savoir que l’efficacité de ces mesures est limite.
Sans ayant besoin de te livrer une introspection, tu vois bien que ta sœur n’a que peu d’attache à la dynastie, qu’elle a même entaché son nom. Alors certes, je ne suis pas la plus digne de confiance à tes yeux -c’est compréhensible- mais à ta place, j’aurai fait les choses différemment. En fait, au lieu d’essayer de me faire marcher par la peur de la sanction, la punition que j’aurai choisi aurai eu le mérite d’être utile.
 »

La cadette parlait comme l’aurai fait n’importe quel sujet du prince, livrant l’analyse qu’elle pensait juste sans se soucier qu’elle était la principale concernée. Après tout, quoique proposerai Azzan, rien ne changerai pour elle. Dans cette histoire, elle seule devait trouver une solution pour maîtriser ses tendances sournoises.


« En fait Azzan, j’aurai choisi une correction qui me forcerai à créer du lien, que ça soit avec notre héritage ou autrui. Plus tu m’ordonnera de régler quelque chose d’absurde et pénible et plus ta demande aura l’air d’être un blâme...et tu peux être sûre que me donner une corvée aura vite fait de m’énerver, bien plus qu’un trop long séjour dans mes appartements. Mais là ne suffit pas.
La subtilité derrière cette approche, c’est de me donner l’illusion d’être libre dans mes actions. Me donner à résoudre un problème large voir abstrait qui me forcerai à m’intéresser de nouveau à la vie à la cour..tout en me laissant le résoudre à ma façon. Si je peux exprimer ma créativ-..du moins, si je peux m’approprier une issue de manière personnelle, il y a de grande chance que je finisse par m’investir, peut importe la dureté de la tâche..-et si je ne le fais pas-..
Si je ne le saisis pas cette opportunité pour sauver mon autonomie, alors là je mériterai bien pire comme condamnation. Évidemment, compte-tenu de mon image sali, il serai inconscient de me donner trop de responsabilités d’un coup..mais une affaire banale sans grand enjeux à la clef, cela pourrai être une solution. Du moins, cela aurai été une solution pour mes précédentes bévues. Maintenant que j’ai dépassé une limite, tu n’as pas d’autre choix que de te montrer sévère et d’escalader de répressions en répressions..espérant qu’une puisse m’intimider..au lieu d’alimenter ma tendance à la fugue.
»

Kiara passa nonchalamment sa main dans sa chevelure rosée. Elle s’était contentée de jeter ses pensés à la figure du prince sans se soucier de réaction, chose rare dans la famille. Elle laissa le silence reprendre ses droits et détailla son frère un instant avant de continuer :

- « Tu devine tout de même pourquoi je me permet de me confier sur le sujet  ? 
 …
Il n’y a pas aucune bonne punition. Aucune solution réelle. Même en suivant mon idée, il te faudra être plus malin que moi pour parvenir à un résultat.
 »

Par habitude, ses jambes se mouvèrent comme pour quitter la pièce prématurément. Disparaitre maintenant de la discussion lui aurai donner l’impression de contrôler la situation en plus de l’aider à se convaincre qu’elle acceptait la vie qui l’attendait. Une vie fragmentée entre coups de folies et coups de bâton, avec une place de plus en plus réduite pour la seule personne importante à ses yeux. Au moment de partir, son corps  habituellement si léger, semblait être fait de pierre. Quelque chose la pesait au point de ralentir tout ses mouvements. Elle resta un moment les pieds enmurés au sol, semblant réfléchir..Enfin, c’est presque le dos tournée à Azzan, que son affection refoulée refit explicitement surface. Avec le souffle coupée et la voix presque voilée, elle improvisa quelques mots à sa grande surprise :

«  T-tu sais grand frère..moi aussi je suis fatiguée d’être comme je suis aujourd’hui. Pour moi aussi, les choses auraient été plus simples si je pouvais être la princesse que tout le monde attend. Mais..les choses ne sont pas si simple. »  Elle pausa, puis bafouilla de plus belle
«  Je ne suis pas un être totalement irrationnel tu sais. J’ai mes raisons pour agir de la sorte..mais j’ai aussi mes raisons pour ne pas vouloir en parler. Et...je ne pourrai probablement pas en dire plus aujourd’hui. Ni même demain..mais..je garde l’espoir de pouvoir mettre des mots dessus avec toi un jour. Une fois le calme revenu au palais, j-je n’exclut pas la possibilité d’une autre discussion entre frère et sœur. Une moins protocolaire et peut être plus i-intime..si tu t’en sent l’envie. »

Elle remercia le ciel d’avoir une crinière suffisament épaisse pour masquer une bonne parti de son visage. Ce dernier effort lui avait couté le peu de dignité qu’il lui restait, et amena ses pensées à converger en un seul même point : comment sortir de cette pièce au plus vite.

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Le revers... de l'infortune [PV Kiara at-Aswala]

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