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 Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]

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Cynthia & Florence

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MessageSujet: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Mar 28 Juin - 11:54

Froide Lune /
qui illumine l'acier, /
Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes.





                 Servir. Obéir. Protéger.
                 Pourquoi l’avais-je fait ? Pourquoi avais-je suggéré de nous séparer ? Et si quelque chose arrivait à l’une d’entre nous ? Et si nous ne nous retrouvions pas ? Et si aucun des deux endroits, de Kahoran ou de Lasu’Vaha, ne se révélait apte à nous recevoir ? Repartirions-nous bredouilles ? Repartirons-nous seulement ? Repartirai-je… seule ? « Seule » répété-je en écho à mon esprit. L’eau du fleuve ne frémit pas plus cette fois que les précédentes. Alors que mes mains y plongent, je persiste en un souffle de voix : « C’était une erreur. Rien qu’une erreur. Tout juste une erreur. Je repartirai demain. Il n’y a rien à voir, ici, sinon du monde – beaucoup trop pour que nous puissions nous installer dans les alentours. Il faut… un endroit paisible. Calme. Loin d’ici. Je suis sûre que c’est ce que Cynthia dirait. »
                 Dirait-elle cela ou n’était-ce que mon esprit qui se plaisait à l’imaginer pour que je puisse m’enfuir au plus vite ? La chose était impossible, bien sûr. Je ne pourrais fausser compagnie à un duc comme cela – pas moi, même dans une situation qui me mettait aussi mal à mon aise. Je m’étais écartée le temps de découvrir la ville par moi-même – je tenais à la voir sous ses atours les plus laids avant d’aller explorer le lopin de terre qui nous avait été proposé par ser Bara, afin de m’assurer que la chose n’était pas dangereuse outre mesure… et me voilà maintenant seule, perdue et dépourvue de toute possession pécuniaire.
                 L’eau, sur la surface de laquelle se reflète la pâle lueur lunaire, semble si paisible, si calme. Tout le contraire de mes pensées d’aujourd’hui. Elle me renvoie un visage rougi orné de cheveux aux mèches plaquées deux par deux contre mes tempes car les journées étaient chaudes, la ville bondée, et l’hygiène, sur un bateau et seule, m’était doublement impossible ; elle me renvoie un visage essoufflé, aux traits inquiets et dont les yeux bleus sont grand ouverts d’appréhension. Il n’y a aucune différence entre ces yeux et ceux que j’avais avant, songé-je amèrement. Un instant je me revois à travers le regard d’un autre, alors que j’étais encore une gamine aux vêtements dépenaillés et à l’expression aussi vague qu’indifférente. C’est peut-être plus une chimère de souvenir distillée dans ma mémoire à grand renfort des insultes que l’on me lançait qu’une réalité, et pourtant… sans doute y avait-il là de la vérité. Je n’avais jamais connu que la condition d’esclave, celle qui ne laisse de place à aucune espèce de vie, et regarder les citoyens libres vivre la leur sans éprouver une once de jalousie, sans même comprendre qu’il y avait une existence, pour moi, sans collier, m’avait valu d’être honnie, par mes pairs, de quolibets évoquant tous plus ou moins l’azote qui courait dans mes veines ou la froideur de mon teint.
                 Pourtant, maintenant… Il y a… une légère différence. C’est discret : une simple lueur dans des yeux autrefois éteints, une étincelle proche dans un visage si distant que l’on n’y distinguait aucun feu. Il a fallu que je trouve Cynthia pour que je m’allume mais, désormais que nous sommes  séparées, je me sens redevenir peu à peu perdue aussi loin qu’avant. Mon seul moment sans collier a été celui qui a suivi ma fuite de Malgolda, et j’en ai détesté chaque seconde comme je déteste chaque seconde de ce voyage. « Servir. Obéir. Protéger. » Les mots s’écoulent de mes lèvres tremblantes, tombent dans l’eau sans en troubler la surface et me remontent aussitôt au visage alors que mes mains aspergent mes joues chaudes pour cacher mon trouble. « Servir, obéir, protéger » répété-je laconiquement comme pour me raccrocher aux quelques préceptes sur lesquels j’ai toujours basé ma vie. S’ils me voyaient pleurer, un jour, penseraient-ils toujours mon cœur fait de glace ?
 
                 Sans doute n’aurai-je jamais la réponse à cette question. D’une part, parce que mon improbable espoir le plus vivace me susurrait que ceux qui m’accablaient étaient morts, depuis. D’autre part, parce qu’une voix me siffle dans mon dos : « La rapière est-elle à vendre ou à aiguiser contre la mienne ? »
                 Mon visage se relève jusqu’à apercevoir l’autre côté de la jetée. Trop tard. J’aurais aimé essayer. « Ni l’un, ni l’autre, je le crains. Pas plus que ne l’est celle qui la porte.
 - Ah ! une dame. Vous m’excuserez, c’n’est pas facile à dire, vu votre accoutrement, en pleine nuit… » L’intonation était étrangement… juvénile ? Guillerette ? Point le genre que l’on s’attend à entendre d’une personne qui envisage de nous détrousser, en tout cas. D’ailleurs, le cas échéant, j’aurais déjà senti la morsure de l’acier. « Y a-t-il une raison pour laquelle votre lame ne goûte pas déjà ma chair du bout de la langue ?
 - Pas sans un duel. Et puis si j’voulais une dame qu’ouvre ses cuisses, j’la menacerais pas, j’irais plutôt à la maison close.
 - Tant mieux. Je ne vous plairais pas. » Mon anatomie ne plaît pas à moi-même, de toute façon. « Et cela mis à part ?
 - Ben, on n’les détrousse pas non plus, les dames, poursuit-il d’un ton embêté. On est d’honorables spadassins, vous voyez, alors on va s’en…
 - On ?
 - Faut toujours s’balader à deux, m’dame. Au cas où l’on nous provoque, ça évite les coups fourrés…
 - Je vois. »
                 Cela me ramenait si loin, jusqu’à à ces journées passées à apprendre à manier l’épée, à ces moments passés à s’entraîner seule contre seul, à ces instants passés à défendre la porte seule contre plusieurs jusqu’à savoir tenir la garde avec toute la délicatesse dont savait faire preuve un cavalier avec sa compagne de soirée et à danser avec plus de finesse encore. Les quelques prémices de perles d’eau qui tentaient de s’évader de mes yeux pour la première fois se retrouvèrent écrasées par mon poignet. Pourquoi mes émotions transparaissent-elles autant, aujourd’hui ? Cela ne serait jamais arrivé avant. Mais… peut-être est-ce une bonne chose. Avant, j’aurais sacrifié mon insignifiante vie en duel sans motivation aucune. Maintenant, je peux la défendre pour un but précis. Désormais… elle a une valeur. Une maigre valeur, peut-être, une valeur qui n’existe qu’aux yeux d’une seule personne, mais une valeur quand même. « Protéger, obéir… servir. Je n’ai peut-être personne à protéger, je ne reçois peut-être aucun ordre, mais je peux toujours servir ma dame. J’ai une mission à accomplir.
 - Plaît-il ?
 - Combien de temps avons-nous avant que les gardes n’interviennent ?
 - Quelques… minutes, ma dame, j’imagine, dès lors que les aciers s’entrechoqueront, bredouilla-t-il en réponse. Peu de monde regarde en contrebas de la rue, vers la jetée, à cette heure-là. Dois-je…
 - Gardez-moi dos à l’eau si vous le souhaitez, mais écartez-vous de quelques mètres afin que je puisse m’incliner comme il se doit. Je n’entends pas de plates, aussi j’imagine que vous n’êtes pas mieux protégé que moi. Tant mieux. Eh bien, qu’attendez-vous ? Si croiser le fer contre une demoiselle vous gêne, vous n’avez qu’à vous dire que ma voix est presque assez neutre pour appartenir à un homme et me considérer ainsi. Non ? Est-ce d’être face à la lune qui trouble vos aptitudes de duellistes ? » Ma voix avait retrouvé toute la ferveur qui l’enhardissait lorsque j’avais quelque objectif à accomplir. Une bourse pour m’héberger, pensé-je en me séchant les mains contre mon justaucorps. Une deuxième pour payer ma traversée. « Dois-je en comprendre que vous relevez le défi, m’dame ?
 - Non, non. Vous devez comprendre que je vous mets au défi. » Avec un doux chuintement, l’acier s’échappa de mon fourreau.
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Nilian Ferkies

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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Mar 28 Juin - 19:18

         Je dois dire que voir ma sacoche presque vide en arrivant à ma destination ne m'a pas donné le sourire, bien au contraire. Que peut-on faire quand on est vagabond comme moi, voyageant de ville en ville, et qu'on commence à manquer de ressources financières ? Je pense que la réponse est évidente pour tout le monde, même pour le plus bête. On ne peut pas dire que les affaires soient fleurissantes en cette période et puis de toute manière qu'est-ce que je peux faire de nuit dans une ville dont je ne connais même pas les rues ? Cette idée me désespère. Tout en soupirant de désarroi, je me laisse tomber sur les marches de l'entrée d'une maison en passant ma main dans les cheveux blond pour retirer les mèches non désireuses de ma vue. Les coudes sur mes genoux, une main dans les cheveux et l'autre pendante entre les jambes, je fixe les galets qui forment la rue. Mes yeux se fixent sur un angle pendant quelques secondes comme si mon esprit cesse de fonctionner. 

         Après quelques secondes de réflexion intense sur rien du tout, je soupire à nouveau et me levant cette fois-ci. Je plonge mes mains dans mes poches avant de commencer à arpenter les rues sans réellement savoir où aller. Je ne sais même pas si j'ai suffisamment dans ma besace pour une nuit dans une auberge et, pour peu que j'en ai assez, si demain je vais pouvoir la remplir à nouveau. Je marche lentement, les mains dans les poches. Le métal froid de la clé qui s'y trouve me rappelle pourquoi je suis parti de la maison dans laquelle je vivais. De temps en temps, il m'arrive de regretter de vouloir mettre absolument au courant mes frères et ma sœur alors que je ne suis même pas sûrs qu'ils en aient quelque chose à faire de nos parents sinon pourquoi seraient-ils tous parti ? Je serre la clé dans ma main en fronçant les sourcils. Ils sont tous partis quand on avait besoin d'eux pour des choses qu'ils n'auront jamais. 

         Pendant ma marche, je rencontre un jeune homme qui se cache derrière un mur et semble regarder dans une direction précise. Je fronce les sourcils avant de lentement m'approcher de lui. Je n'ai pas envie de le surprendre ou de l'énerver et de me retrouver au fond d'un caniveau à me vider de mon sang d'autant plus que je n'ai rien d'autre qu'un simple couteau qui me sers principalement à me nourrir qu'à me battre. Je ne suis pas violent mais s'il faut me défendre, je sais me battre. J'ai appris. Toujours en gardant les mains dans les poches, je lui demande calmement.

         - Hey mon gars, qu'est-ce que tu fais là ? 

         L'homme en question se retourne vivement et dégaine immédiatement son arme qu'il pointe dans ma direction. Il ne semble pas âgée, une vingtaine d'années au maximum, sale et pas franchement attirant. L'odeur alcoolisé qui se dégage de ses vêtements me pique les narines. Ses yeux marrons et vitreux me défigurent comme si j'étais une bête étrange de foire. Je lève les bras en lui adressant un large sourire alors qu'un petit rire s'échappe de ma gorge. 

         - Doucement, je ne te veux aucun mal je suis juste curieux de savoir ce que tu regardes dans la pénombre. Je ne vais pas te détrousser, tu sais ?

         Son regard se porte sur la sacoche que je porte attachée à ma ceinture. Mon sourire s'efface aussitôt et mon visage se fait bien plus sévère. Bien que je ne sois pas mal attentionné, on dirait que ce n'est pas le cas de tout le monde. Son regard en dit bien long. Il se redresse lentement, toujours gardant son épée dans ma direction, il tend la main vers ma sacoche sans me quitter du regard pour autant. 

         - Tu ne veux pas me détrousser mais ce n'est pas mon cas, réplique-t-il d'une voix pas agréable à entendre. 

         Je le regarde faire sans bouger. Alors que sa main se fait de plus en plus proche de mon faible trésor. Lorsqu'il est à porté de main, d'un geste vif, je me saisis de son poignet de la main droite et le frappe violemment dans la mâchoire de la gauche. Il recule sur un bas laissant tomber son arme pour aller placer ses mains sur le point d'impact. Je la ramasse lentement et la regarde. 

         - Avant de vouloir détrousser quelqu'un mon petit, apprends à savoir si la personne est plus forte ou plus faible que toi, lui dis-je en tendant son épée en la tenant par la lame, allé, mon petit, maintenant va t'en et que je ne te revois plus.

         Le jeune homme se saisit de son épée et s'en va sans demander son reste. Une fois que je n'aperçois plus sa silhouette dans la pénombre de la nuit, je décide de prendre sa place et de regarder dans la même direction que lui. Je ne vois rien de bien spécial, juste deux individus qui semblent se défier, rien de bien inhabituel. De face, il y a un homme qui ne semble pas vraiment à l'aise tandis que de dos se trouve un autre homme aux cheveux bruns. Ils semblent discuter tous les deux et bien évidemment, ma curiosité exige que je m'approche pour écouter ce qu'il se dit. Bien sûr, je ne suis pas bête et je ne vais pas me présenter direction vers eux, non, je me rapproche tout en restant discret, comme si je n'étais que de passage. De toute manière, je n'y vais pas pour leur adresser leur parole ou les empêcher de faire quoi que ce soit, je vais juste y poser mes oreilles pour entendre ce qu'il se dit. Par curiosité. J'aimerais savoir pourquoi cet homme semble tellement mal à l'aise. Je tends l'oreille alors que je continue lentement de marcher silencieusement. 

         - … aucun ordre, mais je peux toujours servir ma dame. J'ai une mission à accomplir. 

         - Plaît-il ?

         - Combien de temps avons-nous avant que les gardes n'interviennent ? 

         Après avoir entendu cette bride de discussion, je hausse les épaules, ce ne sont pas vraiment mes problèmes, qu'ils s'entre-tuent pour des broutilles. Sûrement l'un qui veut détrousser l'autre et s'enfuir avec le butin amassé. Mais ce qui me turlupine est que je ne connais toujours pas la raison pour laquelle le deuxième homme est mal à l'aise. Peu de temps s'écoule avant que je ne puisse avoir réponse à ma question. Je m'arrête net, les mains dans les poches, je me tourne vers l'homme et la femme que j'avais pris pour un homme. Difficile de faire la différence de dos et de nuit. Bien que je ne les connaisse pas, une chose est certaine ; certes ce ne sont pas plus mes affaires que tout à l'heure mais je suis du genre galant et je ne laisserais certainement as une femme se faire détrousser, quand bien même elle sache se défendre et qu'elle défie un homme en duel. Soit elle se prend pour un homme, ce qui est de moins en moins rare de nos jours, ou alors elle est folle. Je préfère la première solution. N'écoutant que l'éducation qui m'a été donnée, je m'approche des deux duellistes et me place entre les deux individus, un peu en retrait pour éviter de me prendre un coup d'épée. Comme déjà dit, je n'ai pas envie de finir dans un caniveau à me vider de mon sang. 

         - Bien le bonsoir. Je me tourne vers la jeune femme et incline légèrement la tête en guise de respect, Je n'ai pu m'empêcher d'entendre que vous alliez faire un duel en plein milieu de la nuit, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, n'est-ce pas ?dis-je en retirant une main de ma poche pour la poser sur celles de la jeune femme et de faire pression pour baisser son arme. évitons les combats inutiles, la nuit c'est fait pour dormir et pour satisfaire des désirs, pas pour se battre sous je ne sais quel prétexte, vous ne pensez pas ? demandé-je alors que mon regard jongle entre les deux. 

         Le fait qu'il y ait un duel la nuit ne me dérange pas, disons que c'est plutôt une manière plus ou moins discrète que j'utilise pour éviter que la jeune femme se batte et pour éviter que je me retrouve au sein d'une bataille aussi. Je garde toujours ma main sur le manche de la rapière de la jeune femme dont j'ignore le nom dans l'espoir qu'elle renonce. Une approche un peu trop "rentre dedans" mais tant pis. Mais si j'ai bien entendu, c'est elle qui a lancé le défi alors je ne sais pas comment tout ça va se terminer.

_________________
Nilian bavarde avec vous en #3333ff mais pense en #9ED1FE.
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Cynthia & Florence

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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Mar 28 Juin - 20:57

Danse d'ombres /
qui sans cesse s'esquivent, /
Mon aiguille argentée perce l'obscurité.



                 D’un accort coup de poignet vers l’avant, je libère la garde de ma rapière. Si l’on te touche, tu es morte – de ma lame sinon de celle de ton adversaire. Notre Lady ne saurait être touchée, ni même approchée. Fais-en autant. La voix lointaine résonne dans mon crâne alors que je fais volte-face et prends mes distances pour pouvoir jauger de la situation. 
                 Est-ce une blague ? Pourquoi est-ce un géant qui me dépassait d’une tête qui interrompt mon duel avec un mirliflore que je dépassais d’une tête ? Au surplus, pourquoi ce dernier arborait-il un air si paniqué ? Mon regard suit le sien et ne découvre rien, mais il semble si décontenancé… Son compagnon lui aurait-il faussé compagnie ? Ces deux-là ne semblent guère être de mèche. D’ailleurs, sa voix est blanche lorsqu’il s’exclame : « Vous voyez ! Que des coups fourrés, que j’vous disais ! Qu’est-ce que vous avez fait de… 
 - Il n’est pas avec moi » le coupé-je calmement. Vraisemblablement, la chose le calme un peu et sa main, sur la garde de son arme, se fait moins fébrile. « Son intervention, cependant, trouble notre duel.
 - Aucunement. Deux bourses sont en jeu au lieu de trois, voilà tout. Je n’entends pas me battre à ses côtés.
 - Mais vous escomptez néanmoins mener notre combat à bien ?
 - L’honneur dicte-t-il la chose autrement, par ici ?
 - Non pas » acquiesça-t-il. Il sembla hésiter, pourtant. « Néanmoins, ma dame…
 - Cessez de m’appeler ainsi. Cela vous fait douter de mes capacités à répondre à vos provocations.
 - Les possédez-vous vraiment, cependant ? » Apparemment, la morgue propre aux épéistes encore jeunes, glabres et peu marqués par les coups lui revient au galop. « Je n’ai pas l’habitude de me frotter à la gent féminine… »
                 Derrière moi, je sens désormais l’eau aussi plate que l’est ma silhouette élancée. Dos au mur, déjà ? Le fouet n’était-il pas assez ? Le bruit me revient en mémoire de façon si vivace que j’ai un léger soubresaut et me crispe dans l’attente de la douleur censée suivre. Pourquoi tout cela me revient-il maintenant ? Je pivote légèrement vers notre nouvel interlocuteur en me déplaçant sur le côté de quelques pas pour me positionner plus favorablement. « J’escompte que, si messer tenait tant à me défier, c’est qu’il doit lui aussi gagner ses écus pour payer l’auberge, quoique j’espère que sa bourse est plus remplie que la mienne. Deux auraient certes été préférables, mais une est déjà bien, et… il ne semble pas plus ressentir le besoin d’épancher ses désirs charnels que moi, dussé-je en avoir. » Je m’incline légèrement en avant vers lui. Chaque fois qu’un garde détourne le dos, il expose notre Lady. Fais toujours face. « Par là d’où je viens, l’on ne fuit pas d’un duel honorable sans risquer que la chose se transforme en duel à mort. Les coutumes semblent être les mêmes ici, aussi ne compté-je point blesser l’ego de messer en l’ignorant. Je ne puis vous offrir que des remerciements pour votre intervention, mais je crains que la chose ne soit scellée depuis qu’il m’a abordé. »
                 L’art du duel a ceci de fascinant qu’il transcende les distances, songé-je en le voyant se déplacer latéralement pour que nous restions face à face tout en sortant l’inconnu de notre trajectoire. Des armes aux attitudes. J’eus pu mettre au défi n’importe quel habitant de Malgolda qu’il se serait senti aussi insulté que le jeune homme… voire plus, étant donné ma condition publique d’esclave, là-bas. « Ma dame est-elle prête ? » demanda-t-il avec un sourire narquois. Bien entendu, toute une première moitié de vie à subir les pires traitements m’avaient plus ou moins immunisée contre le dédain, mais, si je corrige sa tendance à mettre en avant ma féminité, c’est qu’il peut encore s’en servir pour éviter le combat, dussé-je montrer quelque signe de faiblesse – quoiqu’il semble confiant en sa victoire – et que j’avais cruellement besoin d’un endroit où dormir. « Si le genre des femmes que vous interpellez vous indispose tant, ne les qualifiez pas du tout et déshabillez-les encore moins, au risque que vous en soyez encore plus troublé. »
 
                A force de nous décaler, nous avions naturellement commencé à nous déplacer en cercle jusqu’à présenter chacun notre flanc au fleuve. Plus droit, ton dos. Le justaucorps moule ta silhouette, le veston compresse tes seins ; il ne doit plus rester de toi qu’une ombre, et cela en tout temps, aussi bien que si tu étais un homme. Mon cuir a beau être presque neuf, il semble moins bien travaillé que le précédent et mon acier est toujours à moitié cabossé de Boskia mais, malgré tout, ma taille est toujours aussi fine qu’avant. Je me mets en prime, comme si je venais de dégainer ; ma lame fouette l’air en même temps que la sienne, les deux pointes se rencontrent et, enfin, le salut terminé, je me mets complétement en garde à quelques pas de lui. Les pieds, c’est ce qui va traduire ton prochain mouvement. Il les faut suffisamment rapprochés pour tenir la distance, suffisamment éloignés pour la couvrir ; suffisamment prudents pour ne pas s’engouffrer dans une feinte, suffisamment alertes pour profiter de la moindre faille ; et, enfin, il les faut suffisamment souples pour danser. N’oublie pas cela. En tierce ! Mais il était légèrement plus court que moi et sa main d’arme était opposée à la mienne. En septime, cette fois. Ma pointe se baissa sous ma garde, orientée de sorte à l’inviter à avancer tout en me permettant de répliquer facilement à ses agressions.
 Du reste, celles-ci ne tardent guère. Quoique ma position le décontenance, il est jeune et, au demeurant, point différent de moi : il est toujours plus agréable de prendre l’ascendant que d’attendre que l’on nous l’offre, surtout si l’on doit faire vite… Alors il pique ; ma lame dévie la sienne, et le combat s’engage.  
                Pique, pique, pare, défends-toi. La voix de mon ancien maître d’armes me revient en tête aussi vivement que s’il était à mes côtés. Attends une opportunité et saisis-là. Non, non, cesse de toujours trop en faire… sais-tu ce qu’il t’attend si l’on te touche ? Avant, j’eus répondu « une peau lacérée ». Maintenant, je l’ignorais – la mort ? La perte d’une bourse vide ? Peu importe. Cela n’arriverait pas. Je suis comme l’on m’a enseigné d’être, comme je suis devenue après des années à vouer ma vie à ma rapière. Mes gestes sont rapides et précis, mes mouvements agiles et gracieux. Je le laisse prendre réduire la distance, au départ, me contentant de rompre la mesure. J’ai l’avantage de la posture, aussi mes parades sont-elles facilitées et je peux ainsi me maintenir éloignée. Et heureusement : après chaque fente manquée, son pied s’avance encore légèrement comme pour tenter un redoublement sans que je lui laisse jamais étendre le geste. 
                 Petit à petit, nous tournons. Et, petit à petit, c’est à son tour d’avoir l’eau dans le dos. Pourquoi suis-je si raisonnée, aujourd’hui ? J’en aurais déjà fini, d’habitude. Mais, bientôt, il se fend d’une balestra ; nos lames entrent en contact une demi-seconde, le temps que la sienne rentre en contact avec ma garde et que je la dévie. Riposte. Pique, pique, pique, pique, pique. Sans lui laisser le temps de se remettre en garde, je pousse ma pointe vers son torse. Mes frappes sont mesurées et bien insuffisantes pour percer le plastron qui lui couvre le ventre mais, graduellement, j’en trouve les limites à tâtons. Mon prochain coup d’estoc perce sa protection sans lui faire plus de mal. Il est proche de l’eau, aussi mon appel du pied le déséquilibre-t-il d’autant plus dangereusement : sur un déroulement, ma lame s’aventure vers le haut de son aisselle, pourvue de peu de protection que la pointe brise de toutes les manières, puis le tranchant entaille la peau et remonte sur le bras, laissant s’écouler une légère zébrure rouge. Quelques gouttelettes accompagnent mon geste tandis que je m’écarte vivement pour le laisser retrouver ses esprits avant qu’il ne tombe tout à fait. « Dame ma maîtresse n’approuverait pas une mort lors du solstice. Le premier sang marquera la fin de la joute, si vous en avez l’obligeance. »
                 Il déglutit en acquiesçant. Sa main se porte à sa ceinture et il défait la bourse qui y pend, la jetant au sol près de moi. Je secoue ma rapière pour en faire tomber le sang avant de la rengainer et, cependant, je regarde le petit sac tomber. Il volette légèrement et finit par s’écraser au sol, entraîné par le poids des pièces qu’il contient, mais, alors que je le prend en main, son cuir me semble plus vacant que rempli – et, quand je l’ouvre, je ne peux m’empêcher de faire la moue en voyant l’état de l’intérieur. Je me serais estimée heureuse de pouvoir payer la nuit avec ça. Quant à payer plus, sans doute ne valait-il mieux pas y songer. « Cela ne suffira pas » marmonné-je entre mes dents, quelque peu dépitée.   
                 Les quelques écus glissent malgré tout dans ma propre bourse et je me relève pour faire face à l’homme qui s’était voulu intermédiaire. Mon poing s’écrase, pouce vers l’extérieur, sur ma poitrine, là où se trouve mon cœur. Ne parle jamais devant elle sans que chaque parole soit dite sacrée sur ton cœur. Ne la regarde jamais. Les anciens réflexes revenaient. Mon visage s’abaisse quand je parle : « La nuit sera sûrement plus confortable à regarder mon reflet dans cette eau qu’à contempler la pierre grise d’une cellule. Je vous serais reconnaissante de ne pas me dénoncer. Du reste… je n’ai fait que répondre à son défi. »
 Et, alors que je contemple l’anthracite sous lequel apparaît le pavement à la lumière nocturne, je m’interroge. Sans doute est-il temps de retrouver un endroit tranquille. Je… j’y étais presque…
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Nilian Ferkies

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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Mer 29 Juin - 15:31

         Je regarde sans broncher la jeune femme retirer sa rapière de mon emprise. Je ne tente même pas de l'en empêcher. J'aurais eau être galant, il y a des limites, je ne veux pas non plus me faire découper en petits morceaux sous prétexte que je suis intervenu dans un duel dans lequel je n'aurais du me trouver. Je croise les bras et suit le duo du regard, j'ai presque l'impression d'avoir disparu, de n'être qu'un fantôme que personne ne peut voir. C'est assez vexant je dois dire. Je soupire un long coup tout en restant planté là, de toute manière, je suis trop fatigué pour aller me battre. Les muscles de mon visage s'étire alors que je me mets à bâiller. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres.

         ° J'espère pour toi ma petite que le jeu en vaut vraiment la chandelle ou alors tu seras vraiment déçu. me dis-je à moi-même.

         Les saluts se font. Je me moque considérablement de la manière de combat de l'homme, j'ai vu beaucoup d'hommes se battre pendant mon voyage et c'est souvent la même chose. Qui tapera le plus fort pour désarmé l'autre. Ce qui est parfaitement idiot si on réfléchit, en revanche, jamais je n'ai vu de femme se battre. Je fronce mes sourcils blonds et focalise toute mon attention sur la jeune femme qui se prépare au combat. Je relève un bras pour venir me gratter le menton de mon index et mon pouce. Elle semble concentrée.

         Le combat s'engage. Je m'immobilise et arque les sourcils subitement tandis que mon regard ne cesse de suivre la jeune femme. J'ai rarement vu des femmes se battre et encore moins de la sorte. Je trouve qu'elle se débrouille vraiment pas mal, je me demande même qui lui a appris à se défendre et manier l'arme comme ça. Je trouve en elle, ce que je ne trouve pas chez les hommes : grâce et agilité. Je souris de satisfaction comme s'il s'agissait de là mon élève. Il s'approche peu à peu de moi. Ne voulant pas me prendre un coup d'épée sortie de nulle part, je préfère prendre mes distances tout en gardant mon regard sur les deux individus qui se battent. La jeune femme prend considérablement de l'avantage sur l'homme qui se retrouve rapidement perdant. Je le regarde, un grand sourire un lèvre en me grattant la joue. Je n'aurais pas aimé être à sa place, pour un homme se faire gagner par une femme est pire encore que de perdre un combat contre un débutant alors qu'on est un expert. Personnellement, je m'en moque, je ne me battrais jamais contre des femmes même s'il y a une montagne d'or à la clé.

         - Dame ma maîtresse n'approuverait pas une mort lors du solstice. Le...

         Une chose me percute dans cette phrase.

         °Dame ma maîtresse ? Cette jeune femme serait donc une esclave ? Mais que fais une esclave toute seule ici ? Et puis… Elle ne semble pas ressembler à une hybride, les lois auraient-elles changées depuis le temps ? Ou alors le cacherait-elle ?

         Instantanément, mon regard se pose sur la jeune femme sans se soucier ni des paroles qu'elle prononce, ni même de la fuite de son adversaire. Je fronce les sourcils et croise à nouveau les bras tout en me posant un amas de question. Puis mon regard croise le sien, ce qui me fait retrouver les esprits. Je la fixe un court instant alors qu'elle semble faire une certaine cérémonie. J'arque un sourcil en la regardant, curieux de savoir ce qu'il va se passer par la suite. Immédiatement, un large sourire se dessine sur mes lèvres entourées d'une barbe pas rasée depuis un long moment.

         - Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas le genre de personne à aller vous dénoncer pour ça, de toute manière ce n'était pas vraiment mes affaires votre combat, je voulais juste éviter qu'il n'y ait une jeune femme de moi sur ces terres. Vous comprenez ?

         Oui, de toute manière pourquoi irais-je la dénoncer ? Je m'en moque considérablement de où elle se trouve et de ce qu'elle fait, ce n'est pas elle qui va changer ma vie après tout.

         - Vous avez un maniement des armes impressionnant. Je dois bien l'avouer, j'ai rarement vu des personnes avoir autant de grâce lors d'un combat. Vous êtes impressionnante.
 
         Je sais. J'ai un franc parler un peu trop présent, c'est certain mais je ne vais pas cacher cela. Je finis par décroiser les bras et m'approcher un peu plus d'elle pour finir par lui tendre la main pour la saluer. Je ne pense pas qu'un baise-main soit le bienvenu pour cette jeune femme un peu masculine mais une bonne poignée de main sera plus adéquat. Bien que si elle venait à réclamer un baise-main, je le ferais sans hésitation.

         - Je vous demanderais de m'excuser de mon impolitesse ma dame, voilà que je vous parle et que je vous fais part de mes pensées sans même mettre présenté. Je me prénomme Nilian. Ferkiès Nilian. précisé-je, Et je suis un vagabond parcourant les rues de chaque ville. Si je puis me permettre, qui êtes-vous donc ? demandé-je d'une voix chaude et amicale.

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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Jeu 30 Juin - 19:33

Peau tremblante, /
D’une insignifiante chose
Pour qui donc serais-je d’un quelconque intérêt ?

                 Je considère la main tendue vers moi, les yeux écarquillés. Pourquoi donc tient-il tant à me serrer la main ? Mon poing s’ouvre, ma paume s’approche, mes doigts oscillent tandis que je jauge la situation, et…
                Soudain, mon avant-bras fébrile revient se ranger vers mes hanches et je hoche la tête en substitut, le fixant brièvement au passage. « Enchantée de faire votre connaissance, ser… Nilian. » Il n’est pas naturel, pour moi, de répondre à sa poignée de main. Il y a longtemps que l’on avait distillé en moi une peur viscérale du toucher et détruit toute espèce d’espoir d’être considérée en tant qu’égale et, même aujourd’hui, les relents de mon éducation persistent à fleurer. Avec Cynthia, la mascarade veut que l’on m’adresse la parole à moi plutôt qu’à « mon » hybride mais, si l’on tente de se rapprocher, elle peut généralement intervenir et, dans le cas contraire, je me dérobe ainsi que je venais de le faire en trouvant quelque excuse… sauf que la chose passe mieux avec une compagne énergique pour faire glisser la conversation vers d’autres sujets. Même lorsqu’il s’agit seulement de prêter le dos de sa main, je me repose sur une autre. Tout en me mordant anxieusement la lèvre inférieure, je m’empresse de détourner le sujet. « Je suis… ne suis… personne. Personne d’intérêt, du moins. » Mon débit est rapide pour tenter de masquer, bien vainement, mon inconfort. Qu’est-ce qui peut bien le pousser à tant vouloir me connaître malgré la situation ? « Il y a… probablement, en ce moment même… des centaines de jeunes femmes abîmées dans la contemplation de leur reflet, quelles que puissent bien être leurs pensées… et, à cette heure, j’escompte que ce doit être pour se refaire une beauté que je n’ai pas ou pour réfléchir à un lendemain frivole que je ne possède pas plus. De même, quelques milliers doivent manier l’épée… avec quelle aisance, je ne le sais ; je sais, en revanche, que, sous d’autres auspices, l’une d’entre elles aurait paré avec plus d’agilité, frappé avec plus de détermination, se serait mû avec plus de fluidité. Je ne saurais… comprendre vos compliments quand mon exécution était si perfectible, mais… pour elle, je puis les accepter. Vous l’appelleriez… Florence, j’imagine. Rien d’autre que Florence. » Ma main trahit l’agitation qui m’emplit. Je n’ai jamais su quelle attitude avoir dans ces situations : comme je ne suis pas officiellement inférieure dans la hiérarchie sociale, il y a conflit entre ce que l’on attend de moi et ce que je ferais naturellement ; et je n’ai personne à qui déléguer la chose quand, inévitablement, le masque tombe – car ce doit arriver un jour, n’est-ce pas ? Je ne suis guère bonne comédienne. Je ne peux pas… seule.
                Je m’humecte les lèvres avant de poursuivre : « Mettons que… je me dois de vagabonder également, et que… depuis que j’ai accosté… j’ai eu d’autres choses à me préoccuper que des faits de la vie courante. » Un petit sourire nerveux force son passage sur ma bouche tandis que je relève les yeux vers lui, puis lèvres et cils retombent uniformément. « Les femmes sont rarement acceptées comme aides, lorsque les navires sont amarrés, puisque l’on peut aussi bien engager des hommes. J’ai à faire ici, aussi ne puis-je pas non plus simplement m’en aller. Les maisons closes ne sont point des lieux envisageables, pas… pas quand… enfin… ce n’est point envisageable. A cette heure de la nuit, il est certainement trop tard pour qu’une auberge me paye ; de toutes les manières, d’autres font bien mieux le service que moi. Quant à m’accueillir, je crains qu’il ne faille encore remplir ma bourse pour cela et, apparemment… les coutumes, ici, sont de gagner son pain à la pointe de l’épée. La chose venait à peine de m’effleurer l’esprit quand le jeune ser m’a accostée, car j’étais plongée dans mes réflexions, mais… il me faut me nourrir et dormir… autre part que dans la rue, de préférence. » La chose me rappellerait affreusement Malgolda. La main posée sur ma garde, comme il était séant de faire lorsque je m’inclinais, avant, je le gratifie d’une nouvelle inclinaison roide du buste. « La cité est chère, plus que ce à quoi je m’attendais, si bien que je doute qu’une seule bourse maigrelette suffise à remplir la mienne. De surcroît… j’ignore où aller, je me suis perdue et… compte tenu du fait que je me suis fait aborder dans cette situation… je crains de ce qui arriverait à une demoiselle dormant à même le sol, dans les alentours. Alors… je crois que le mieux, c’est encore que… je suive l’exemple et que je gagne de quoi payer mon séjour. Je, hm… je crois que la garde ne devrait tarder à être rameutée, cependant, vu le bruit que nous avons fait, et je ne voudrais pas que vous vous trouviez accusé à ma place. Vous devriez filer, sans doute… »
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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Mer 6 Juil - 12:09

Je garde la main tendue vers elle encore un instant avant de venir la ranger à mon tour en croisant les bras. Je la regarde sans comprendre la raison de son comportement. Puis je repense au fait qu'elle ait mentionnée qu'elle est esclave. Sûrement n'a-t-elle par le droit de toucher quelqu'un d'autre que sa maîtresse. Soit. De toute manière qui suis-je dans ce bas monde pour me permettre de juger les actes de quelqu'un sans même connaître son histoire et sa vie ? Personne. Un détail ne m'échappe pas pour autant, de nature curieuse j'ai pour habitude d'examiner les gens ainsi que leurs faits et gestes et je ne peux m'empêcher de remarquer qu'elle se mord la lèvre inférieure. Pour quelle raison ? Je n'en ai strictement aucune idée, je ne la connais pas et quand bien même je ne suis pas dans sa tête pour savoir à quoi elle pense. Je hoche lentement la tête et lui sourit.

Personne. Elle n'est donc personne. Aurait-elle si peur que ça que je m'en aille la dénoncer pour avoir détroussé, suite à un duel, un homme dans la rue ? Ou, encore une fois, est-ce son statut d'esclave qui veut ça ? Je ne connais pas vraiment la vie des esclaves mais il semblerait que ce soit plein de contraintes et d'obligation. Pauvres gens. 

Plus la jeune femme parle, plus je la trouve étrange et fascinante. Je lui souris amicalement, de toute manière, je ne suis pas son ennemi, elle n'a pas en s'en faire de ma présence. 

- Je ne suis pas d'accord sur le fait que vous dites que vous n'avez pas de beauté ma chère dame. dis-je tout simplement  comme je le dirais à une amie ou à une simple connaissance, - Ce n'est pas parce que vous ne portez pas de robe mais un pantalon, ce n'est pas parce que vous n'êtes pas devant votre miroir à vous pomponner mais plutôt à manier l'épée, ce n'est pas parce que vous n'avez pas les cheveux qui vous chatouillent les reins tellement ils sont long que nous n'êtes pas une femme de beauté. Je pense même que c'est plutôt le contraire, le fait de ne pas rentrer dans les normes vous confères une beauté et un avenir hors du commun que bien des femmes ne connaîtrons sans doute jamais, ma dame. 

Il n'y a ici aucune technique de rapprochement. Je ne dis pas ça pour l'avoir à moi ou autre mais seulement parce que c'est ce que je pense et que je n'aime pas vraiment qu'une personne se dénigre elle-même, ça casse souvent la confiance qu'on a en soi. Je n'aime pas vraiment qu'on homme fasse cela de base alors encore moins lorsqu'il s'agit d'une jeune femme. Surtout lorsqu'elle est douée comme elle. Je parle aussi beaucoup sans vraiment la connaître, après tout que sais-je d'elle ? Juste qu'elle est une femme qui sait très bien manier l'épée et qui est une esclave, je ne dis pas que je connais son prénom puisqu'elle ne me l'a pas dit ou alors indirectement. Faudra-t-il que je le devine ?

Je dois avouer que le fait qu'elle ne me regarde pas vraiment quand elle parle et qu'elle garde son regard rivé au sol me perturbe. Mais pas seulement. Quand je converse avec une personne, je trouve plus plaisant de la regarder. Et mieux encore, de la regarder dans les yeux, je trouve cela plus respectueux et, ce, pour tout le monde, peu importe le statut social de cette personne.

Cette jeune femme semble chercher la même chose que moi, c''est à dire un lieu où passer la nuit mais il semblerait qu'elle n'est pas assez pour se payer une nuit dans une auberge. À cette idée, ma main se porte sur ma bourse. Je laisse revenir ma main pour croiser les bras tout en écoutant les paroles que la jeune femme prononce. Je grimace en me frottant l'arrière de ma tête pour stopper les démangeaisons qui me prennent.

- Je dois admettre que vous avez raisons, les femmes sont souvent le  moins sollicitée pour les travaux sur les ports, ce sont plus souvent des hommes parce qu'ils sont souvent plus costauds que les femmes. C'est vrai qu'il semblerait que pour réussir à se payer une nuit dans une auberge, nous soyons dans l'obligation de sortir les épées pour détrousser les autres en espérant ne pas se faire détrousser. Mais ce n'est pas forcément toujours gagné d'avance. 

Elle s'incline de nouveau. Je la fixe pendant se mouvement, mes iris suivant son geste. Encore une fois, ma main droite glisser jusqu'à sur ma poche alors que mon regard reste fixé sur ses cheveux bruns lorsqu'elle parle de bourse. Puis, quand elle parle des gardes qui risquent de ne pas tarder à arriver suite à leur petite bataille dans les rues, je me tourne en direction des rues se trouvant dans mon dos comme pour évaluer l'écart qui nous sépare. Je me tourne ensuite lentement avec la jeune femme avec un grand sourire. 

- Je partirais à temps, ne vous inquiétez pas pour moi quand à vous, vous devriez partir si vous ne voulez pas terminer au fond d'un cachot à regarder les pierres froides et grises des murs. un sourire se dessine sur mes lèvres comme si cela avait été drôle. 

Mais mon sourire s'efface aussitôt en repensant à ses paroles. Elle n'a donc pas d'endroit où aller et elle n'a pas assez pour se passer une auberge pour la nuit. Enfin, c'est ce que j'ai compris en tout cas. Je pourrais bien évidemment lui donner comme ferait tout gentleman mais je doute qu'elle accepte de les prendre aussi facilement, ou du moins c'est ce que je pense.

- Si vous n'avez pas assez, pourquoi ne pas prendre ma bourse aussi ? lui demandé-je en écartant les bras tout en faisant un pas en arrière.

Je me retourne vivement derrière moi. Le cliquetis caractéristiques des armures des gardes se font entendre. Ce qui signifie qu'une chose : ils sont très proches.

- Ma dame, je ne pense pas que nous aillons le temps pour notre petit défi, que diriez-vous de le remettre à plus tard? lui demandé-je, grand sourire aux lèvres.


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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Lun 18 Juil - 17:43

Pas rapides
Qui m’emmènent loin
Où les étoiles n’illuminent nos erres.
 
                Ma main saisit son poignet et, l’instant d’après, je déguerpis en l’entraînant à ma suite. Les secousses de la course faisaient bouger mon corps entier, mais c’est l’émotion qui fait trembloter mes doigts.
                J’ai toujours eu les doigts longs, si longs, et fins, si fins. Il y a bien longtemps, l’on me disait faite pour jouer de quelque instrument : j’avais les prédispositions naturelles nécessaires pour pincer les cordes correctement. Il ne manquait plus que la pratique… et la naissance, bien sûr, car il aurait fallu que je sois née libre ou appropriée pour le simple plaisir des oreilles.
Mais c’est pour l’aiguille que je suis faite, celle épaisse comme mes deux tranchants de main mais assez aiguisée pour percer n’importe quelle corne pour peu que l’on puisse trouer ses propres chas dans la chair - du moins, c’est ce que l’on a fait de moi. Peut-être n’ai-je que des doigts de femme, aussi fins que ma lame mais, si je dégaine maintenant, ils ne trembleront pas.
                Coudre n’a jamais été mon fort. En découdre, en revanche… Protéger. Obéir. Servir. Une brève seconde, j’hésite. Je n’ai peut-être personne à qui obéir, mais, si nous nous retournons, peut-être puis-je protéger mon nouveau compagnon… contre quoi ? Je l’ignore, à vrai dire, puisque c’est moi qui le mets en danger. Tout ce qui m’importe, c’est de retrouver ces préceptes que j’ai perdus à mon arrivée ici et sans lesquels je n’avais plus de repères. En fuyant, alors ? Sans doute était-ce la solution la plus rationnelle, car ma lame ne percerait jamais la plate et il serait suicidaire de miser notre survie sur la précision chirurgicale qui était de mise lorsque l’on devait percer des jointures à la lumière nocturne. Alors je cours, et j’imagine que je le sauve. A tort ou à raison, tout ce qui m’importe, c’est de songer que je le fais. Au moins cela me fait-il oublier le reste un temps durant : ma prudence, mon mal-être, ma civilité… qu’importe ? S’il s’agit de sauvegarder sa vie, je peux bien faire abstraction de courbettes quelques instants, même avec un inconnu. Et puis… abandonnait-on quelqu’un qui venait de nous défier ?
 
                En remontant les marches, il est inévitable que nous attirions l’attention. De fait, une fois l’escalier gravi, nous n’avons le temps que de parcourir quelques mètres avant d’être interpellés. Le cri d’alarme d’un garde file alors vers moi et me transperce aussi sûrement qu’une flèche l’aurait fait. La pression montant, je trébuche et repart d’autant plus prestement. Comparé à eux, nous sommes vêtus légèrement et je me rassure en m’imaginant avoir le paradoxal avantage de ne rien connaître à cette cité : si moi-même j’ignore où je vais, ils ne peuvent pas le deviner, après tout… si ?
                Une interminable minute à frapper la route pavée de nos bottes nous mène dans une venelle dont l’entrée est marquée par une élégante petite arche qui tranche drastiquement avec le parterre  fait de pierres mal taillées tâchées d’une boue séchée par le soleil depuis bien longtemps. Il y fait si sombre que je n’y aurais pas vu à plus de quelques pas devant moi, n’eurent été les quelques chandelles qui illuminaient la voie. Leurs flammes s’agitaient dans les fragiles prisons de verre suspendues aux portiques qui les protégeaient. A leurs manières, elles étaient si gracieuses, si inoffensives et pourtant… trop révélatrices. Elles révèlent nos empreintes lorsque nous bifurquons et nos dos lorsque nous fuyons. Je nous fais changer de direction à plusieurs reprises dès que l’opportunité se présente sans que jamais les bruits métalliques de nos poursuivants ne semblent se tromper de chemin si bien que, alors que la ruelle se rétrécit avant de se séparer en trois allées aux directions distinctes et n’est plus illuminée que d’une seule torche entreposée sur une applique, je relève ma lame et l’abat d’un coup sec pour faire chuter le brandon. Il n’y a ainsi plus que les dalles grises et brunes qui soient éclairées et, lorsque je nous guide sur le chemin de droite, mon allure se ralentit pour feutrer nos pas. Ils arrivent à notre hauteur, hésitent, nous dépassent… mais nous nous sommes déjà éloignés.
 
                Sans que je m’en rende compte, notre escapade nous a fait remonter la petite colline sur laquelle avait été bâti le quartier si bien que je retrouve, en contrebas, le fleuve qui scinde la ville – mais il est bas, si bas… « Je n’ai… aucune idée d’où nous sommes » avoué-je avec quelque gêne tandis que, à bout de souffle, les joues rouges, j’essaye tant bien que mal de remplir mes poumons de nouveau. « Mais nous sommes loin d’eux. Enfin… pour l’instant. Je l’espère, en tout cas. » Que suis-je censée faire, maintenant ? Je ne peux toujours pas aller dormir. Et… si je réponds à son invitation de tout à l’heure… La garde ne semble jamais très loin. Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Mais c’est peut-être la seule option. Je tergiverse un moment, me frottant le bras d’embarras sans trop savoir comment agir – vraiment, qui ferait volontairement appel à moi pour lui tenir compagnie par une nuit solitaire ? Finalement, avec quelque prudence, j’en profite pour l’interroger : « Quelqu’un qui est prêt à aider une jeune femme sans… sans aucune raison apparente… et qui voyage « dans les rues de chaque ville »… que fait-il vraiment ? Les mers sont dangereuses. Les villes aussi, vraisemblablement. L’on sert, l’on combat, l’on… fait des choses pour s’amuser, mais l’on ne voyage pas. Pas pour cette raison. C’est risqué, et cela ne paye pas les aubergistes – sinon, j’aurais déjà trouvé le chemin de mon lit. Vous devez avoir… autre chose. Une raison. Un… un travail. Une… dame ? Ce… ce doit être une histoire intéressante et… je commence à douter de dormir dans un lit ce soir. Peut-être m’occupera-t-elle l’esprit de façon plus agréable que mes propres pensées lorsque vous partirez. »
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MessageSujet: Re: Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]   Jeu 4 Aoû - 12:09

         Penché en avant, je reprends lentement mon souffle après que l'on est réussi à semer les gardes qui se trouvait à nos trousses. Je lève les yeux vers la jeune femme qui m'a conduit ici avant de regarder les environs. Où sommes-nous ? Quelle bonne question, je n'en sais rien du tout, je ne saurais trouver la réponse. Je me redresse et continue de contempler les environs en lui répondant le souffle entre coupé par la respiration rapide.
         
         - Je n'en sais malheureusement pas plus que vous de l'endroit où nous nous situons mais je pense, tout comme vous, que nous pouvons nous dire tranquille pendant un petit moment avant qu'ils ne se rendent tous compte que nous nous trouvons ici.
         
         Je regarde de nouveau les alentours tout en étant attentif à tous les bruits que je pourrais entendre et tout particulièrement des bruits de pas et de fer. Je suis tellement attentif aux gardes, à tous les bruits qui pourrait venir d'eux que je ne m'attendais pas à entendre le son de la jeune femme avec laquelle je viens de parcourir en courant les rues des bas quartiers de Miralabourg. Je sursaute en me tournant vers elle, le regard sérieux et pourtant amical. Je ne voudrais pas lui faire peur ou paraître grossier ou tout autre chose que je ne suis pas.
         Je reste un court instant comme pour réfléchir à ce que je pourrais lui répondre, tellement d'informations à traiter en si peu de mots. Je me frotte l'arrière de la tête en grimaçant, moi qui ne suit pas très habile des mots.

         - Je dois dire que j'ai beaucoup à dire et à vous expliquer... dis-je avant de me tourner vers nos pas, mais on dirait bien que nous allons avoir le temps de discuter longtemps pendant cette longue nuit.

         Je montre à nouveau mon visage à la jeune femme. Bien que nous soyons éclairés par la lune, il m'est assez difficile de distinguer correctement les traits de son visage afin de savoir la personne à qui je parle.

         - Je pense qu'il serait judicieux de commencer par le début de votre demande. Je ne sais pas quelles sont vos pensées mais je peux vous assurer que je voyage vraiment. J'ai, certes, une bonne raison pour voyager mais je ne fais rien de plus. Quelles sont donc les idées qui vous passe par la tête pour me poser telle question?

         Je garde un court instant mon silence, cherchant à deviner les pensées de la jeune femme, chose difficile lorsqu'il nous ai pas possible de voir correctement la personne surtout lorsque les ténèbres nous englobe.

         - J'ai bien une raison de voyager à travers les villes et les mers de tout horizon et je me ferais un plaisir de vous les conter si vous me permettez de vous tenir compagnie durant la nuit.

         Je réalise soudain que mes paroles peuvent être mal interprétées, je tente de me rattraper malgré mon mal être facilement visible.

         - Ô rassurez-vous, il n'aura rien entre nous, juste une discussion entre deux personnes ordinaires. Qu'en pensez-vous ? De toute manière, il ne nous sera pas aisé de trouver un lieu où dormir pour la nuit alors autant s'occuper.

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Froide Lune / qui illumine l'acier, / Sombre nuit d'été où se reflètent mes mèches brunes. [Florence & Nilian Ferkies]

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